Geoffrey Arduini

Aimer sa vie pour illuminer celle des autres - Amavita

Perdre le pouvoir mène à l’incivilité

Incivilité au travail par peur de perte de pouvoir

Je pense que les incivilités au travail trouvent leur source dans le manque de confiance en soi et la peur de perdre le pouvoir.

Cumuler des yeux plus gros que le ventre avec un manque de leadership et c'est la chute assurée. Les débuts de réussite sont grisants. Mais comme dans le sport, l'asphyxie brouille la reflexion, les reflexes et la lucidité. Le succès et la "relative" célébrité (nous aurons tous nos 15 min de gloire !) poussent à la faute. C'est le sportif qui continue à monter pour atteindre le sommet alors que sa bouteille est vide ou que ses yeux sont gelés (demandez à Pierre Paperon ce qu'il en pense !). C'est le plongeur grisé par les profondeurs qui reste au fond à jamais, etc.

Loin des yeux, loin du coeur

Mais le "chef", trop absent, peut se sentir en décalage au sein de son équipe. Si son leadership est faible et sa confiance chahutée par un leader émergeant et adoubé alors il tentera naturellement de reprendre le contrôle et d'assoir son autorité par tous les moyens. La manière la plus naturelle, et animal, étant : la force et l'asservissement.

Il usera, souvent inconsciemment, de sa position hiérarchique pour affaiblir son rival supposé et le recadrer devant l'ensemble des collaborateurs afin de montrer à la "meute" qu'il est présent et qu'il est le plus fort.

Afin de bien se faire comprendre de tous il usera volontiers d'incivilités sur les plus faibles en les haranguant (mot convenable pour "en hurlant leur prénom dans l'openspace et en leur ordonnant de venir sur le champ") dans les bureaux.

C'est à peu près à ce moment la, dans un moment très silencieux et suspendu, que les équipes décrochent et se demandent ce qu'elles font la. Chacun se dit que tout se passait bien, que les chiffres n'avaient jamais été aussi bons, que la dynamique d'équipe était excellente et qu'une ambiance collaborative favorisait vraiment l'intégration des nouvelles recrues.

Tout ça pour quelle raison ?

Pour une mauvaise gestion des émotions bien sur. Bien sur le pouvoir, le succès, l'ambition mais aussi le stress, la pression des pairs, la peur de l'échec et les factures peuvent nous pousser dans nos retranchements et nous transformer, à défaut de nous transcender. Mais rien ne peut justifier qu'un collaborateur ne soit humilié et rabaissé si injustement pour une déplorable gestion d'émotions.

Un "chef", s'il veut devenir un leader, doit apprendre à le devenir en travaillant ses émotions et son contrôle de soi (la méditation est excellente et devrait être un passage obligé pour tout chef d'entreprise et tout poste à responsabilité). Il doit également inspirer ses équipes par sa disponibilité, ses encouragements sincères et son écoute de chaque jour.

Comment faire pour ne pas, ne plus, subir ?

Il est important de se rappeler que nous avons le boss que nous méritons et qu'il ne faut pas le laisser faire. Aussi, et surtout, il est important de se demander si notre boss nous mérite.

Un job est un échange, un partage. Vous n'êtes pas au service de... On vous a choisi car vous aviez des compétences rares, de l'intelligence disponible et surtout parce qu'il vous plaisait de mettre ces fonctions à la disposition d'un but en échange d'une rémunération.

Je ne sais pas si mon propos facilitera votre décision, mais je pense qu'un face à face avec le chef de meute pour lui exposer calmement (car vous êtes un(e) leader) la situation et le fait que travailler dans ces conditions ne vous plaisent pas, et que surtout, vous ne l'acceptez pas me semble être une décision constructive.

Si cette discussion est impensable alors il est temps de partir.

travail, leadership

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