Randonner vers la brèche de Roland
Mais qui est ce Roland dont tout le monde parle du cirque de Gavarnie à Cauteret en passant par les randonneurs en quête d'aventure au départ de Lourdes après le train de nuit de Paris ?
!! Les photos sont à la fin de l'article
Ce Roland aurait une brèche à son nom, une brèche dans la montagne ?
Moi cette brèche j'en ai entendu parlé récemment par un ami qui traçait une voie pour notre randonnée de 4 jours à la frontière entre la France et l'Espagne. Je n'ai pas cherché à comprendre ce que c'était ni qui était ce Roland. Je me suis laissé guidé par la voie en partance de Cauteret. Après deux jours de randonnées à travers le lac d'Estom, le col d'Arraillé et le Petit Vignemale j'ai compris de quoi il s'agissait. Cette brèche n'était pas un petit passage entre deux montagnes ou un petit pas à cheval sur la frontière. Non cette brèche est gigantesque. Je l'ai aperçu depuis le Petit Vignemale. Cette brèche mesure 40 mètres de large sur 70 mètres de haut. Elle est massive. On dirait que la montagne rectiligne a perdu une dent et que la petite souris nous le fait tous payer désormais.

Cette brèche est surtout le bon prétexte pour une randonnée à la conquête de ce trou dans la dentition de la montagne. En ce mois d'août 2026, Ludovic et moi partons à la rencontre de Roland. Les circonstances font que nous randonnons avec Morgan qui se rend dans ce secteur. L'été caniculaire et orageux des Pyrénées nous met sur nos gardes chaque soir. Chaque nuit l'orage est annoncé. Chaque fin de d'après midi, des pluie torrentielles sont prévues. Alors pour une fois j'ai le sommeil léger. Chaque nuit, je m'endors tôt comme habituellement mais le réveil me prend et je passe la tête hors de notre tarp et regarde les étoiles, la voie lactée et les nuages empli d'éclairs passer au dessus de nos têtes. La symphonie des éclairs joue dans ma tête lorsque les éclairs, très haut dans le ciel, illuminent les nuages et filent tout droit vers un ailleurs qui me rassure. Le vent et les nuages laissent, chaque nuit, place à un ciel étoilé majestueux. Je contemple depuis mon bivouac cinq étoiles, je n'arrive plus à fermer les yeux tant le spectacle est magique. Seuls au milieu de la montagne avec les étoiles pour lampes de chevet. Les orages annoncés gardent les randonneurs hors des bivouacs, remplissent les refuges et nous laissent seuls dans la montagne. Loin de nous l'idée de prendre des risques, nous bivouaquons proche de "refuges" naturels où nous pourrions nous abriter le cas échéant.

Depuis le premier jour, la brèche est au cœur de nos discussions, sans savoir à quoi nous attendre vraiment. Après 3 jours à nous en approcher, à l'apercevoir, nous y voila. Nous arrivons au col des Sarradets et la brèche se présente à nous. Ce grand vide nous fait réaliser la démesure de la montagne. Ce trou béant au dessus du col, avec le refuge sur son flan, et vraiment massif. Je m'en aperçois lorsque je constate la taille des minuscules randonneurs qui montent dans cette dent creuse.
Le cirque de Gavarnie est colossal, très haut, très large et il s’étend vers le sud avec une crête abrupte qui longe la frontière. C'est la que Roland a perdu une dent ! Cette randonnée vers la brèche est une randonnée très courue. Nous sommes loin d'être les seuls. Il y a beaucoup de possibilité de s'y rendre à la journée donc je conseille de démarrer dès potron-minet pour l'apprécier et surtout faire une montée tranquille.
Nous concernant, nous avons bivouaqué au bord d'un lac à 2h30 de marche et notre départ à 4h30 du matin était parfait pour profiter de la randonnée de nuit, du levé sur les monts et d'arriver sans trop d'affluence. Notre descente retour nous a donné raison, car le flux montant était bien différent.
Mais qui était ce Roland ?
Je vous colle la présentation courte issue de WIkipedia :
Roland (en vieux-francique Hruodland ou Hruotland), dit « Roland le Preux » ou « Roland de Brême », mort en 778 à Roncevaux, est un noble franc du début de la période carolingienne, chargé en tant que préfet de la marche de Bretagne (praefectus britannici limitis) de défendre la frontière du royaume des Francs contre les Bretons installés depuis le Ve siècle à l'ouest de la péninsule armoricaine.
Sa mort dans les Pyrénées au cours d'un combat d'arrière-garde contre des Basques, au retour de la campagne de Charlemagne en Espagne, en fait par la suite un personnage de légende, le héros de la Chanson de Roland, ouvrage composé au XIe siècle. Dans cette épopée en langue française, il est présenté comme le neveu de Charlemagne et meurt à Roncevaux lors d'une grande bataille contre les Sarrasins, guidés par le traître Ganelon. Le personnage de Roland est associé à son épée, Durandal, à son cheval, Veillantif et à son cor, un olifant, avec lequel il appelle en vain Charlemagne à son secours.
Objet de diverses légendes populaires qui en font un géant, il a donné son nom à plusieurs lieux des Pyrénées, notamment à la brèche de Roland, au sud du cirque de Gavarnie. Il est considéré comme un des douze preux de Charlemagne.
Notre tour
Nous sommes partis de Cauteret pour rejoindre Gavarnie 4 jours après. Une première nuit au lac d'Estom, une seconde au barrage d'Ossou et le troisième bivouac au Lac de Sautaro. Cette randonnée était éprouvante avec de longues journées à marcher dans des pierriers sous une chaleur caniculaire. Mes genoux n'ont pas trop apprécié les 4200m de D+ et autant de D-, surtout les 1300m de descente du jours 4 après avoir contemplé ladite brèche. Brèche que je n'ai vu que depuis le refuge car l'aller retour en son sein m'aurait été fatal je le sais.
Sans parler de la descente du refuge à Gavarnie qui est infinie. J'avais l'impression de descendre au fin fond de la terre tellement c'était long. Et mon genou me le faisait bien savoir. Bon, tout s'est bien terminé avec une plongé dans la rivière fraiche à Gavarnie. Mes genoux ont apprécié.
Un séjour magnifique encore une fois. Quand on a le virus de la randonnée, c'est magique à chaque fois même avec les douleurs. Les photos et les souvenirs sont tellement puissants.
Si vous voulez savoir quel matériel j'ai emporté pour ces 4 jours, on en parle dans un prochain article. J'avais un sac très léger de 8kg. J'en ai tellement mare de porter pour rien que je réduis mon portage à chaque sortie. Et en fait, c'est tellement plus simple mentalement aussi. Quand je n'ai quasi rien et aucun choix entre 2 possibilités, ma vie se simplifie beaucoup et j'aime ça.
Merci de m'avoir lu, maintenant place aux photos
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